Fifi et Marie-Anne nous accompagnent. Jusqu’au Treulon. Allez, nous partons pour de bon tous les deux avec Pierre-Henri. Première côte difficile. Première journée aussi. Je tente une possible réconciliation entre mon arrière train et ma selle. Les retrouvailles ne sont pas terrible. De vieilles rancœurs encore. Le temps les rendra inséparables... Première journée donc. Nous parlons tous les deux. Les kilomètres défilent déjà : Loué. Le Mans... Nous roulons vers Paris. Hier soir j’ai décidé de prendre le train à Paris pour Strasbourg. Plusieurs raisons à cela : Tout d’abord, je ne cours pas après l’exploit sportif. Faire 180 km tous les jours c’est impossible. Ce n’est pas le but de ce voyage. J’utilise mon vélo comme un moyen de transport afin de rencontrer la population locale et d’aller libre comme le vent. De plus je dois être le 25 septembre à la frontière Russe. L’hiver sera déjà là. Donc pas trop de temps à perdre. Nous dormons la première nuit à la Ferté Bernard. Le vieux centre est joli. Mais notre journée du lendemain sera encore plus merveilleuse en traversant le Perche. Déjà beaucoup de rencontres. Un peintre, un couple de voyageur, un vieux nomade clodo à vélo, un photographe, un écrivain. Mon vélo suscite le dialogue, l’échange. Où vas- tu ? J’aime cette approche. On se retrouve dans le vieux Chartres... Et puis nous trouvons un petit lavoir sur les bords de l’Eure. La nuit sera douce. Fraîche aussi. Dernière ligne droite sur Paris. L’arrivée est fabuleuse ! Nous entrons dans Paris en vélo ! Les dix derniers kilomètres à fond les ballons. Juste le temps de nous pointer devant la grille du Château de Versailles et nous entamons la folle descente dans Paris. Arrivée directement dans le Xvème. Mohamed est là et nous accueille. Je retrouve mon cousin Samy. A fond dans la musique. Dans la nuit nous partons dans le XVIIIème rendre visite à ma cousine Alexa, qui, devinez, est en colocation avec un gars qui rentre d’un tour du monde à vélo... Coïncidence, non ? Nous rentrons morts tous les deux dans le bruit du métro Parisien. Départ pour une visite Parisienne des monuments à vélo. Domi nous accompagne. La Tour Eiffel. Place de l’étoile. On fait le tour avec Pierre-Henri ! Le délire ! On passe entre les voitures. Descente des Champs. Place de la Concorde. Le vélo tremble sur le pavé Parisien. Paris plage. Le Louvre. Pas un chat. Paris tranquille l’été. Remontée vers la gare de l’est. Derniers au revoir. Je suis seul cette fois. Seul dans un compartiment prévu pour transporter les vélos. Je reste sur mon sac. L’orage éclate. La pluie, le vent, les ennemis du voyageur à vélo. Strasbourg. Un peu la galère pour sortir de la gare. Ballade agréable dans les rues. Agréable parce que Strasbourg est pourvue de piste cyclables partout. Bien séparées des voies pour les voitures. Un véritable régal. Le chronobiologiste qui sommeil en moi, me fait aller visiter la grande cathédrale et son horloge astrologique. Un mécanisme impressionnant. Je ressors et l’orage me ramène à la réalité de l’homme qui va vivre un an dehors. Le froid vient avec. Je quitte la ville par le sud en longeant le canal reliant le Rhône au Rhin. Las de ma journée, je plante la toile en contre bas, sous les pommiers. Il pleut encore. Je téléphone à mes parents avant de quitter la France. Après, mes moyens de communications se résumerons par des simples mails... Je passe en Allemagne, par le bac à Keppel. Piste cyclable tout du long depuis Strasbourg. Délicieux. Sauf la pluie. Le froid déjà qui est installé. J’ai juste le temps de me mettre à l’abri sous les tribunes d’un stade de foot. Je me fais chauffer un thé. Une énorme goutte d’eau tombe dans mon bol et j’en rigole. Accalmie. Je quitte le village et je me pose près d’un ruisseau. Tout est trempé. Je sais que le voyage va être difficile. Je crois aussi avoir sous estimé la difficulté d’un tour du monde en vélo en solitaire. Mais l’impossible, c’est ce qui n’a jamais pu être réalisé. Or, un tour du monde, beaucoup l’on fait. Tous en sont revenus... Alors je reprends confiance. J’attendrais le soleil. Je plis toutes mes affaires sous la pluie. Pas grand monde sur les routes en ce dimanche. Les cyclistes que je croise depuis le début ne me disent pas bonjour. Comme les cyclistes Français. Il doit exister une sorte de rivalité entre les cyclos et les sportifs. Dommage. Je remarque le souci écologique ici : utilisation des éoliennes, containers à poubelle pour le recyclages des ordures, pistes cyclables, panneaux solaire sur presque toutes les maisons. Nous sommes en retard ! La nuit va tomber. Je n’en peux plus pour aujourd’hui et je ne me sens pas capable de dormir dans ma tente plus que trempée. Je me lance dans une ferme. Bernt vient de terminer un abri de jardin. On m’apporte un lit de camp. Je suis au sec. Je passe la soirée avec eux. Nous échangeons en Allemand et ma première famille m’apporte beaucoup d’assurance dans l’hospitalité de ce peuple. Je peux repartir sous le soleil, le ventre plein. Je trouve les sources du Danube et je le longe toute la journée. Il y a des centaines de cyclos en vacances. Certains vont jusqu’à Vienne à vélo. Il y a une longue piste cyclable tout du long, parsemée de petites auberges. C’est très beau. Je m’enfonce dans de profondes gorges. La tempête me pousse. L’orge me rattrape une fois de plus. Trempé. La famille Sailer m’accueille dans la petite ferme équestre. La nuit sera fraîche mais au sec sous la grange à foin avec deux gros moutons. Je vais reprendre la route vers Munich demain... Puis Vienne. à suivre... Benoit PS : La mise à jour des photos est faite. N'oubliez pas de consulter la page des photos en France et d'utiliser le menu déroulant. |