Salam, Comme je le disais dans la dernière lettre, je voulais redescendre en Afrique avant de partir sur cette autre partie du monde avec mon vélo. Prendre les derniers conseils auprès de mes amis Touaregs, à Chinguetti. Donc une dernière semaine très agitée, beaucoup de préparatifs. La 505 m’a fait des siennes (petit problème de boîte de vitesses…), faire les paquets qui dorment dans la cave depuis quelques années… L’expèrience des années précédentes me permet de faire tout ça un peu plus vite. Avec une vieille barrière de sécurité je fais une grande galerie afin de déposer tous les bagages sur le toit de la voiture. La raison : permettre à mes cinq compères de voyage d’être plus à l’aise. Oui, je ne descends pas tout seul cette année, mais nous serons six. Henri, rencontré en Afrique l’année dernière va cette année aller faire un peu de vélo sur les routes cheminant vers le Bénin. Nicolas et Gregory, Manuel et mon cousin Pierre-Henri, seront les bleus sur cette nouvelle route. Mais nous descendons tranquillement, ce qui nous permettra de rentrer en douceur en Afrique. De nous laisser glisser doucement dans la profondeur du désert de Chinguetti. Pour l’heure, Chefchaouen. Ville paisible dans le nord des montagnes du Maroc. Une descente de la France et de l’Espagne sans problème. Maintenant un peu de repos. Je flâne dans ces ruelles étroites. Blanches. Bleues. Doucement. Je respire le bois de cèdre sortant des ateliers des menuisiers. L’odeur du pain sortant du four communal. La ville domine les flancs de l’Atlas. Je retrouve mes marques. Je reprends le rythme du voyageur. J’entends le bruit du thé que l’on verse. Je respire la menthe fraîche. Je trempe mes pieds dans le torrent où les femmes lavent le linge. Et puis la sieste. Un tajine au poulet. Je respire. Le ciel est bleu. La ville aussi. Le temps est doux, la vie aussi. Demain nous prendrons la route vers Kénitra. Halte chez Hicham. Puis nous irons à Casablanca prendre des visas pour la Mauritanie. La suite… Essaouira, Marrakech, Imlil et l’ascension du Mont Toubkal. Puis une plongée vers le sud… Bons vents à vous tous. Benoit |